Tonneau ou accident en SSV : les bons gestes et comment l'éviter
Pourquoi un SSV se retourne, comment l'éviter, les réflexes pendant le tonneau et après : protéger, alerter le 112, secourir, contrôler le véhicule.
L’essentiel
- Un SSV se retourne surtout en virage trop rapide sur sol adhérent, en dévers ou contre un obstacle : la vitesse est le premier levier.
- Ceinture serrée, filets fermés, casque, mains au volant ou à la poignée : pendant un tonneau, personne ne sort un bras ni ne saute.
- Après l'accident : protéger, alerter le 112, le 15 ou le 18, secourir sans déplacer le blessé ni retirer son casque.
- Arceau déformé, ceinture abîmée ou fuite : on ne repart pas, le SSV rentre sur une remorque.
- Une journée de formation PSC1 suffit pour apprendre les gestes qui comptent avant l'arrivée des secours.
Un SSV se retourne plus facilement qu’une voiture, souvent à allure modérée, sur un terrain qui ne paraissait pas si difficile. La cage, la ceinture et les filets sont conçus pour protéger des occupants restés à l’intérieur ; un bras qui sort, un blessé déplacé trop vite, et l’incident peut tourner au drame. Voici pourquoi les tonneaux arrivent, comment les éviter, les réflexes à avoir pendant et après, et ce qu’il faut vérifier avant de repartir.
Pourquoi un SSV se retourne
Un SSV associe un centre de gravité haut, des suspensions à grand débattement et des pneus qui accrochent fort. Quand les forces latérales dépassent ce que la largeur de voie du véhicule peut encaisser, il bascule. Les scénarios se ressemblent :
- le virage trop rapide sur sol adhérent : terre sèche compacte, gravier tassé, goudron. Les pneus ne glissent pas, c’est la caisse qui se soulève ;
- le dévers, surtout quand une roue aval tombe dans une ornière ou qu’une roue amont monte sur une racine ou une pierre ;
- l’obstacle heurté de côté : souche, rebord de fossé ou grosse pierre qui bloque une roue alors que le véhicule glisse ;
- le freinage en courbe, qui charge brutalement la roue avant extérieure ;
- le demi-tour dans une pente, après une montée ratée ;
- la bosse ou la compression abordée trop vite, qui déséquilibre le véhicule à la réception.
Plusieurs facteurs aggravent le risque : une charge haute ou mal arrimée dans la benne, des pressions de pneus inégales, une rehausse ou des pneus surdimensionnés qui relèvent le centre de gravité, la fatigue de fin de journée et l’excès de confiance après quelques sorties réussies.
Prévenir : vitesse, ceinture, filets
La prévention tient en peu de règles, mais elles doivent devenir des automatismes.
La vitesse avant tout. On freine en ligne droite, avant le virage, et on n’accélère qu’une fois la sortie en vue. Sur un chemin inconnu, vous devez pouvoir vous arrêter avant ce qui se cache derrière la courbe ou la crête. Pentes et dévers ont leur technique propre, détaillée dans notre guide des montées, descentes et dévers.
Tout le monde attaché, tout le temps. Ceinture ou harnais bouclé et serré avant de démarrer, sangle abdominale basse sur le bassin. Une ceinture lâche laisse le corps partir vers l’arceau.
Filets ou portes fermés, casque sur la tête. Filets et portes gardent bras et jambes à l’intérieur ; le casque protège la tête d’un choc contre la cage ou le sol. Notre article sur les équipements obligatoires et utiles en SSV fait la part entre la loi et le bon sens : le casque se porte à chaque sortie.
Les mains au bon endroit. Le pilote tient le volant à deux mains, pouces sur la jante ; le passager tient la poignée de maintien, jamais l’arceau ni le rebord de la portière, et garde les pieds à plat. Les règles propres aux passagers et aux enfants sont réunies dans notre guide SSV et passagers.
Un véhicule en ordre. Pressions identiques de chaque côté, charge basse et arrimée, arceau et ceintures en bon état : c’est tout l’intérêt du tour du véhicule avant chaque départ, que notre checklist de sortie SSV vous aide à ne pas bâcler.
Pendant le renversement : rester dans la cage
Un tonneau dure quelques secondes, trop peu pour réfléchir. Les bons réflexes doivent donc être préparés à l’avance.
- Pilote : pied levé de l’accélérateur, deux mains sur le volant, fermement. Ne cherchez pas à amortir avec la main.
- Passager : deux mains sur la poignée, pieds au plancher.
- Tous : dos et tête contre le siège, bras et jambes dans l’habitacle. Ne tendez jamais un bras pour vous rattraper : dans un SSV, la main se retrouve entre la cage et le sol.
- Personne ne saute. La cage protège les occupants attachés à l’intérieur, pas celui qui se retrouve dessous.
Une fois le véhicule immobilisé, ne vous détachez pas dans la précipitation. S’il est couché sur le flanc, les occupants du côté haut sont retenus par leur ceinture : en la débouclant sans se tenir, ils tombent sur leur voisin. Calez-vous d’abord d’une main, détachez-vous, puis sortez par l’ouverture la plus dégagée, après avoir vérifié que le véhicule est stable et ne risque pas de basculer à nouveau.
Après l’accident : protéger, alerter, secourir
Ce sont les trois temps enseignés dans toutes les formations aux premiers secours, dans cet ordre.
Protéger
- Coupez le contact dès que possible pour arrêter le moteur et limiter le risque d’incendie.
- Éloignez les personnes indemnes du véhicule, surtout en pente, où il peut encore bouger.
- Ni flamme ni cigarette : un SSV couché peut laisser fuir du carburant, et l’échappement reste brûlant au contact d’herbes sèches. Gardez l’extincteur à portée.
- Évitez le suraccident : en groupe, postez quelqu’un en amont et en aval pour arrêter les autres véhicules, surtout dans la poussière ; sur la route, gilet haute visibilité et triangle.
Alerter
Appelez le 112, numéro d’urgence européen, le 15 (Samu) pour une urgence médicale ou le 18 (sapeurs-pompiers). Les personnes sourdes, malentendantes ou qui ne peuvent pas parler disposent du 114, par SMS ou par application. Donnez calmement :
- le lieu le plus précis possible : commune, chemin, repères, et les coordonnées GPS affichées par votre téléphone ;
- ce qui s’est passé : SSV retourné, nombre de victimes ;
- l’état de chacune : consciente ou non, respire ou non, saigne, se plaint du dos ou de la nuque ;
- les dangers : fuite de carburant, feu, pente, accès difficile.
Ne raccrochez jamais le premier : le régulateur peut avoir besoin de précisions et vous guider dans les gestes. Envoyez ensuite quelqu’un à un carrefour visible pour guider les secours, car en forêt, trouver un équipage arrêté sur un chemin sans nom n’a rien d’évident.
En zone mal couverte, essayez toujours le 112, qui peut aboutir par le réseau d’un autre opérateur. Sinon, envoyez deux personnes chercher du réseau sur un point haut, en laissant quelqu’un auprès du blessé. C’est aussi pour cela qu’on prévient un proche de son itinéraire et qu’on évite de rouler seul dans les secteurs isolés.
Secourir
- Ne déplacez pas un blessé, sauf danger immédiat impossible à écarter autrement, comme un incendie. Après un tonneau, une douleur au dos ou à la nuque, des fourmillements ou une perte de sensibilité doivent faire suspecter une atteinte de la colonne vertébrale.
- Ne retirez pas son casque. Ce geste ne se justifie que dans des situations précises, par exemple une victime qui ne respire pas, et s’apprend en formation, idéalement à deux. Suivez les consignes du médecin régulateur.
- Parlez à la victime, rassurez-la, couvrez-la ou protégez-la du soleil, et surveillez sa respiration jusqu’à l’arrivée des secours.
- Ne lui donnez ni à boire ni à manger.
- Si une victime ne respire pas ou saigne abondamment, appliquez les gestes appris en formation et ceux que vous indique le régulateur.
Remettre le SSV sur ses roues et le vérifier
S’il y a des blessés, et à plus forte raison sur la voie publique, ne touchez pas au véhicule : laissez les secours et les forces de l’ordre décider. En l’absence de blessé, remettez-le sur ses roues seulement si c’est possible sans risque :
- moteur coupé, personne à bord, zone dégagée autour ;
- à plusieurs, en poussant sur la structure, sans jamais passer une main ou un pied dessous ;
- en contrôlant la retombée, par exemple avec une sangle de retenue tenue du côté opposé, pour que le SSV ne rebondisse pas ou ne bascule pas de l’autre côté ;
- en pente, ou si le véhicule est trop lourd, avec une sangle et un autre véhicule ou un treuil, en appliquant les règles de notre guide pour utiliser un treuil de SSV.
Ne redémarrez pas aussitôt. Couché sur le flanc ou sur le toit, un moteur peut laisser migrer de l’huile là où elle n’a rien à faire, et du carburant peut avoir coulé. Suivez la procédure du manuel du constructeur, qui décrit souvent les vérifications à faire après un renversement, puis passez en revue ces points.
| Point à vérifier | Signe d’alerte | Décision |
|---|---|---|
| Arceau et cage | Tube plié, fissure, fixation arrachée | On ne repart pas ; remplacement selon le constructeur, jamais de redressage |
| Ceintures et filets | Sangle coupée ou effilochée, boucle ou enrouleur défaillant | Personne sur ce siège avant remplacement |
| Huile moteur et filtre à air | Niveau anormal, huile dans le boîtier de filtre | Ne pas démarrer, faire contrôler |
| Carburant, refroidissement, batterie | Fuite, odeur d’essence, électrolyte répandu | Ne pas démarrer avant d’avoir trouvé la cause |
| Direction et suspensions | Volant décalé, bras ou biellette tordus, roue de travers | Retour au pas ou sur remorque |
| Roues et pneus | Jante voilée, pneu déjanté ou entaillé | Réparer ou remplacer avant de rouler |
| Éclairage et rétroviseurs (SSV homologué) | Feux, clignotants ou rétroviseurs cassés | Pas de voie publique avant réparation |
Au moindre doute, rapatriez le véhicule sur une remorque plutôt que de le conduire. Et pour ne pas être démuni ce jour-là, embarquez le matériel décrit dans notre guide du kit de dépannage SSV.
Assurance et déclaration du sinistre
Photographiez le véhicule en place, les lieux, les traces et les dégâts, avant de le déplacer si c’est possible sans danger. Si un autre véhicule ou un tiers est impliqué, remplissez un constat amiable et relevez les coordonnées des témoins. Conservez aussi les comptes rendus médicaux, même pour des blessures légères.
Déclarez ensuite le sinistre dans le délai prévu par votre contrat, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés selon l’article L113-2 du Code des assurances. Pour vos propres blessures, c’est la garantie du conducteur qui joue ; pour le véhicule, la garantie dommages si vous l’avez souscrite. Les passagers blessés relèvent en principe de la responsabilité civile du véhicule. Notre dossier sur l’assurance SSV détaille les garanties à vérifier avant qu’il ne soit trop tard.
Notre conseil : apprendre les gestes avant d’en avoir besoin
Le jour où un équipage se retourne devant vous, il est trop tard pour apprendre. La formation PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1) est ouverte à tous dès 10 ans et se déroule en une journée environ. Elle est dispensée par les associations agréées de sécurité civile, comme la Croix-Rouge française ou la Protection civile, et par de nombreux services de sapeurs-pompiers. On y apprend à protéger, alerter, installer une victime en position latérale de sécurité, arrêter une hémorragie, pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire et utiliser un défibrillateur. Faites-la avec votre passager habituel : c’est lui qui interviendra si c’est vous qui êtes touché.
- Au moins deux personnes formées aux premiers secours dans chaque groupe.
- Trousse de secours complète et accessible, extincteur fixé, couverture de survie.
- Téléphone chargé, coordonnées GPS faciles à afficher, itinéraire communiqué à un proche.
- Ceintures, filets et casques à chaque sortie, même pour un trajet court.
- Vitesse réduite avant chaque virage et chaque passage non reconnu.
Le matériel utile pour ce sujet
Une sélection de matériel en lien avec cet article, détaillée dans nos guides d’achat.
Sécurité Trousse de secours étanche pour véhicule
En balade, les secours peuvent mettre du temps à vous rejoindre. Une trousse complète, rangée dans une housse étanche, permet de traiter les petites blessures et de protéger un blessé en attendant.
Recommandé Extincteur à poudre ABC de 1 ou 2 kg avec support
Pour réagir à un départ de feu : herbes sèches contre l'échappement, fuite de carburant, court-circuit. Fixé à portée du pilote, il sert en quelques secondes.
Journée complète Batterie externe étanche et antichoc, USB-C
GPS et écran allumés vident vite un téléphone. Une batterie externe renforcée tient la journée et reste un filet de sécurité pour pouvoir appeler en cas de problème.
Liens affiliés : En tant que Partenaire Amazon, SSV.fr réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises. Le prix reste le même pour vous et nos critères de sélection ne dépendent d’aucune marque. En savoir plus.
Questions fréquentes
Faut-il sauter d'un SSV qui se retourne ?
Non, jamais. La cage protège les occupants restés attachés à l'intérieur, et celui qui saute risque de se retrouver sous le véhicule. Gardez les mains sur le volant ou sur la poignée, les pieds au plancher, et laissez la ceinture vous retenir.
Quel numéro appeler après un accident de SSV ?
Le 112 fonctionne partout dans l'Union européenne ; vous pouvez aussi composer le 15 pour une urgence médicale ou le 18 pour les sapeurs-pompiers. Le 114 permet de joindre les secours par SMS ou par application. Donnez le lieu précis, si possible avec les coordonnées GPS, le nombre de victimes et leur état, et ne raccrochez pas le premier.
Peut-on enlever le casque d'un blessé après un tonneau ?
En règle générale, non : un mouvement de la tête peut aggraver une lésion de la colonne vertébrale. Le retrait ne se justifie que dans des cas précis, par exemple une victime qui ne respire pas, et se pratique idéalement à deux selon la technique apprise en formation. Suivez les consignes du médecin régulateur au téléphone.
Peut-on repartir après un tonneau si le SSV redémarre ?
Pas avant d'avoir contrôlé l'arceau, les ceintures, les niveaux, l'absence de fuite, la direction et les roues. Un arceau déformé ou fissuré interdit de repartir : il se remplace selon les préconisations du constructeur. Au moindre doute, rapatriez le véhicule sur une remorque.
L'assurance couvre-t-elle un tonneau sans autre véhicule impliqué ?
La responsabilité civile couvre les dommages causés aux autres, y compris en principe à vos passagers. Vos propres blessures relèvent de la garantie du conducteur, et les dégâts du SSV d'une garantie dommages, si vous les avez souscrites. Déclarez le sinistre dans le délai du contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés.